Il porte le nom
de LNB « universel » : s’il est devenu un composant commun, aussi
bien pour une antenne fixe que pour une antenne motorisée, vous
devez être attentifs à sa qualité et l’utiliser correctement. Nous
rappelons son rôle et son fonctionnement ainsi que quelques
conseils. Il peut aussi s’appeler LNB Twin, Quatwin, Quattro ou
encore Monobloc : explications et utilisation.
Une antenne terrestre collecte directement un signal transmis
depuis l’émetteur : son niveau est suffisant pour l’envoyer vers le
tuner du téléviseur. En réception satellite, le niveau de signal
recueilli par l’antenne parabolique est trop faible pour être
exploité directement : il faut l’amplifier. C’est l’un des rôles
dévolus au LNB (Low Noise Block downconverter), encore nommé tête de
réception ou convertisseur. C’est un composant actif, contrairement
à l’antenne terrestre qui est passive. Le qualificatif « universel »
est relatif à la capacité d’un tel LNB de pouvoir capter tous les
signaux dans la totalité de la bande Ku (10,7 à 12,75 GHz) et quelle
que soit la polarisation ; ce que ne permettaient pas les LNB
utilisés au début de la réception directe par
satellite.
Principe En transmission dite Hertzienne, que
ce soit par voie satellitaire ou par voie terrestre, la structure de
l’onde électromagnétique est la même ; le satellite fait simplement
appel à des fréquences beaucoup plus élevées et donc plus
directives. Dans tous les cas, la détection du champ électrique doit
être assurée par une antenne : un LNB universel en comporte deux
(une pour chaque polarisation) dont la longueur est de l’ordre de
quelques millimètres (liée à la longueur d’onde). L’énergie
disponible au niveau d’une antenne est considérablement atténuée
(environ 200 dB) par rapport à l’émission du satellite ; il faut la
concentrer au foyer de l’antenne par réflexion sur l’antenne. Pour
en recueillir le maximum, on utilise une sorte d’entonnoir (comme on
le ferait pour recueillir de l’eau de pluie dans une bouteille) ou «
cornet » qui constitue la partie conique du LNB (orienté vers
l’antenne). Ce cornet et le guide d’ondes (circulaire) qui lui est
associé permettent aux deux petites antennes de collecter et de
détecter les signaux correspondant aux deux polarisations émises par
le satellite.
Polarisations En émission terrestre, les
émetteurs utilisent généralement la polarisation horizontale
(éléments des antennes « râteau » situés dans un plan horizontal)
pour des fréquences différentes : la bande de fréquence est
suffisamment large (compte tenu du nombre de programmes à diffuser)
pour que celles-ci n’interfèrent pas entre elles ; cependant, devant
le grand nombre de réémetteurs, la polarisation verticale est aussi
utilisée pour éviter des brouillages entre émetteurs. En réception
satellite, on utilise systématiquement les deux polarisations,
horizontale et verticale, de manière alternée ; cela permet
d’utiliser le maximum de fréquences dans la largeur de bande
disponible et de protéger les deux polarisations les unes par
rapport aux autres. Cela nécessite la présence de deux petites
antennes que nous évoquions, pour chacune des polarisations. Ceci
vous explique aussi pourquoi il est très important qu’un LNB
universel soit correctement orienté, avec le maximum de précision,
pour que chaque antenne reçoive ce qui lui est destiné ; dans le cas
contraire, chaque antenne recueillera moins de signal et une partie
du signal qui ne lui est pas destiné : c’est ce que l’on désigne par
la « contre-polarisation ».
 Schéma de
fonctionnement
Oscillateur local Les
signaux captés par l’antenne ont des fréquences trop élevées pour
être transmises directement vers le terminal numérique : il faut
abaisser ces fréquences afin qu’elles soient compatibles avec celles
que peut exploiter le tuner du terminal, soit entre 950 et 2150 MHz
: cette plage de fréquences porte le nom de « Bande Intermédiaire
Satellite ou B.I.S ». Un oscillateur local, intégré au LNB, le
permet en effectuant une opération mathématique simple : une
soustraction. La fréquence B.I.S. est obtenue en retranchant de la
fréquence d’entrée celle de l’oscillateur local. Comme la bande des
fréquences d’entrée (10,7 à 12,75 GHz) est plus large (2,05 GHz) que
celle de la B.I.S. (1,2 GHz), il faut couper celle-ci en deux et
utiliser deux oscillateurs locaux. Les LNB universels utilisent
ainsi deux oscillateurs locaux dont les fréquences sont normalisées
à 9750 MHz et à 10600 MHz. Il est essentiel que ces deux fréquences
soient stables, aussi bien dans le temps qu’en fonction des
importantes variations de température auxquelles sont soumis les LNB
en extérieur (de –20 à +60 degrés Celsius, et quelquefois plus). On
obtient ainsi une couverture totale de la bande des fréquences
reçues : pour 10,7 GHz, soit 10700 MHz, on a 10700-9750 = 950 MHz
pour la BIS et pour 12,75 GHz, soit 12750 MHz, on a 12750-10600 =
2150 MHz pour la BIS.
Amplification et bruit Le signal BIS
disponible sur la prise F du LNB doit avoir un niveau suffisant pour
compenser les pertes qu’il va subir avant d’arriver au tuner,
notamment dans le câble coaxial. C’est le rôle de l’amplificateur :
la valeur moyenne du signal de sortie est de 70 dBµV soit 3,16 mV.
Cette valeur de niveau n’a pas de signification en soi : il faut
surtout tenir compte du facteur de bruit ou NF (Noise Figure ou
facteur de bruit). Plus cette valeur est basse (exprimée en dB),
meilleure sera la qualité du LNB : elle vaut en général 0,6 à 0,8
dB, et quelquefois moins ; si elle est trop élevée, le signal utile
risque d’être « noyé » dans le bruit et son exploitation par le
tuner devient aléatoire. Au contraire, si cette valeur est faible,
il sera possible d’exploiter un signal plus faible et de compenser,
dans une certaine mesure, la taille de
l’antenne.
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Vu sur un mesureur de champ
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| Spectre de polarisation verticale bande haute sur
Astra correspondant à un bon positionnement du
convertisseur. | |

| Même spectre avec un mauvais positionnement du
convertisseur : visualisation de la contre polarisation.
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Bruit de phase en
numérique La transmission de signaux numériques
utilise la Modulation d’Amplitude en Quadrature (ou QAM) qui permet
d’obtenir, à partir de deux signaux I et Q, une constellation de
points correspondant aux symboles transmis. Dans le cas du
satellite, seuls quatre points ou états, correspondant aux sommets
d’un carré sont utilisés : cette modulation porte le nom de 4-QAM ou
QPSK (Quadrature Phase Shift Keying). Pour que la démodulation soit
assurée de manière correcte et stable, ces quatre points doivent
rester au sommet du carré ; s’ils s’en écartent trop, les symboles
ne seront plus détectés (pixellisations et gels d’images). Or, dans
un LNB, les circuits de conversion de fréquence/amplification
peuvent induire un décalage de phase dont la conséquence sera
justement que les points en question ne sont plus à leur place ; ce
qui ne manquera pas d’induire pixellisation d’image voire coupure
totale. Pour apprécier le bruit de phase, on mesure, en balayant
l’espace du carré (360 degrés ou un cycle), la dispersion de ces
points ; cette mesure s’effectue par rapport aux fréquences de
l’oscillateur local dans une bande déterminée par rapport à celle-ci
(1 kHz, 10 kHz et 100 kHz) et s’exprime en dBc/Hz (décibel cycle par
Hertz). Les valeurs limites de ce bruit de phase (spectral) sont –50
dBc @ 1 kHz, -75 dBc @ 10 kHz et –95 dBc @ 100 kHz. De telles
mesures ne peuvent se faire qu’en laboratoire, mais sachez que si
ces critères sont respectés, vos ennuis seront moindres.
Orientation du
LNB Lorsque vous avez correctement pointé votre
antenne, vous ne devez pas oublier d’orienter tout aussi
correctement votre LNB. Cette orientation correcte conditionne le
bon fonctionnement du terminal qui lui sera raccordé : la
contre-polarisation doit être minimisée. Le seul appareil qui
permette de réaliser un parfait positionnement est le mesureur de
champ/analyseur de spectre panoramique : il permet de visualiser et
d’éliminer cette contre-polarisation, mais aussi d’apprécier le taux
d’erreur en réception numérique. Les valeurs (avant correction)
doivent être de l’ordre de 5.10-3 mais peuvent descendre en dessous
: nous avons mesuré des valeurs de 5.10-4 avec de bons LNB. Les
figures illustrent la différence entre la « bonne position » et une
« mauvaise position » obtenue en tournant le LNB d’une dizaine de
degrés seulement ! Si vous ne disposez pas d’un tel appareil, vous
pouvez vous aider de l’indicateur de qualité du signal présent dans
le menu installation de la plupart des terminaux numériques : la
bonne orientation correspond à la qualité optimale du
signal.
A titre d’exemple, pour Hot Bird à 13 degrés est et
pour la région lyonnaise, le LNB doit être tourné de 8 degrés par
rapport à la verticale dans le sens des aiguilles d’une montre (en
vous plaçant devant le réflecteur de l’antenne et le LNB). Si vous
êtes plus à l’ouest par rapport à cette région, il faudra tourner
une peu plus le LNB ; si, au contraire, vous êtes plus à l’est, il
faudra tourner le LNB d’une valeur plus petite. Si vous êtes à une
longitude supérieure à 13 degrés est (celle du satellite), il vous
faudra inverser le sens de rotation du LNB !
Un LNB, c’est fragile !
Si vous habitez dans une région
chaude et ensoleillée, vous pourrez peut-être observer la
disparition de tel ou tel programme en milieu de journée ou en fin
d’après-midi, alors que le soir tout est normal. L’explication est
simple : l’oscillateur local dérive en fréquence lorsque le soleil
fait son effet ! Le remède est aussi simple : remplacez votre LNB
par un modèle de qualité supérieure ! La pluie et l’humidité sont
aussi les ennemis du LNB : si de l’eau arrive à s’infiltrer à
l’intérieur soit du cornet soit de l’électronique, le résultat est
assuré : plus rien ! Veillez à l’état du plastique protecteur et
obturateur du cornet : l’action des ultraviolets et des variations
de température peut produire des fissures (voyez notre photo !) qui
ne manqueront pas de laisser passer l’eau. Cette « capsule » en
matière plastique obturant le cornet peut aussi être altérée par le
soleil : une antenne bien conçue se doit de concentrer au foyer les
ondes issues des satellites et non du soleil ! L’énergie solaire ne
doit pas se retrouver au foyer mais ailleurs (si la surface de
certaines antennes est granuleuse, il y a une raison…) ; sinon, dans
le pire des cas, le plastique en question peut arriver à fondre !
Pensez aussi au fait que plus une antenne est accessible, plus son
LNB l’est aussi et plus vous pouvez surveiller facilement son état
!
LNB Monobloc, Twin, Quatwin et Quattro Dérivés du LNB universel, ces LNB sont adaptés à des cas
particuliers de réception. Le LNB « monobloc » regroupe en un seul
boîtier deux sources, deux LNB universels et un commutateur DiSEqC
pour la réception de deux satellites séparés par 6 degrés de
longitude. L’avantage est de pouvoir relier ce LNB avec un seul
câble au terminal. Le LNB monobloc existe avec deux sorties
indépendantes, utiles pour alimenter un terminal à double tuner.
Certains d’entre vous veulent utiliser un LNB monobloc avec une
autre antenne et un commutateur DiSEqC : nous vous le déconseillons,
car les commutations d’un LNB monobloc obéissent aux ordres 1, 2, 3
et 4 du DiSEqC. Dans ces conditions, les conflits sont inévitables !
Pour commuter le LNB supplémentaire, il est préférable d’utiliser un
terminal muni d’une commutation auxiliaire 0/12 volts, ou, à défaut,
d’utiliser un commutateur manuel ! Un LNB « twin » comporte deux
sorties indépendantes pour alimenter séparément deux terminaux
numériques et un LNB « quatwin » quatre sorties indépendantes pour
en alimenter quatre séparément. Quant aux LNB « quattro », ils
offrent en permanence les quatre polarités sur quatre sorties
distinctes : leur utilisation est spécifique aux installations
collectives. Nous espérons que désormais le LNB « universel » n’aura
plus de secret pour vous !
Jean-Louis Gaillard article paru dans
Télé Satellite n°153 |